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Les News: Le Régime Paléolithique

Ajoutée le 03.11.2005.

Notre planète pèse de plus en plus lourd et nos sociétés sont bien perplexes face à ce problème de poids qui s’aggrave, en dépit des préconisations nutritionnelles délivrées par d’éminents spécialistes.
Pour le Docteur Loren Cordain, (Université du Colorado), l’explication de ce phénomène est simple : c’est l’inadaptation génétique de l’homme à son alimentation qui ne correspond plus à sa physiologie.
Parmi les aliments que nous consommons aujourd’hui, 70 % étaient totalement inconnus il y a des milliers d’années. Les céréales, les laitages, le sel ne sont apparus qu’il y a 20 000 ans, au Néolithique. L’alimentation a brutalement changé, tandis que l’homme relativement peu.
Notre organisme ressemble à s’y méprendre à celui de l’homme de Cro-Magnon et il a bien du mal à s’adapter à ces aliments si particuliers, alors que pendant des dizaines de milliers d’années il s’est nourri de gibier, de poissons et de végétaux.
Du coup, un certain nombre de chercheurs pensent que là pourrait se trouver l’explication de l’explosion de ces maladies dites de civilisation : obésité, diabète et maladies cardio-vasculaires.
Si la quantité de glucides consommés par les premiers hommes était presque équivalente à la nôtre, elle était en revanche dépourvue des sucres industriels fourni par la canne à sucre, la betterave, les céréales raffinées et les produits laitiers : les glucides provenaient exclusivement d’aliments d’origine végétale ( plantes sauvages, racines, noix, mûres… ). Seules les mûres apportaient des sucres simples et la majorité des glucides étaient des sucres complexes riches en fibres dont l’index insulinique est faible.
Aujourd’hui, nous consommons en abondance des sucres rapides, des féculents et des céréales raffinées dont l’index insulinique est élévé.
Or, plus l’index insulinique des aliment est élevé et plus on sécrète d’insuline et…. plus on mange.
En effet, pour assimiler les sucres, c’est à dire le glucose, le pancréas sécrète de l’insuline. Dans des conditions de fonctionnement normales, la quantité d’insuline sécrétée correspond exactement à la quantité nécessaire pour la bonne utilisation des sucres. Les ennuis commencent quand l’insuline est sollicitée en excès, et c’est le cas lorsque l’on surconsomme des glucides à index insulinique élevé. Les féculents provoquent une élévation brutale de l’insuline et ainsi une tempête métabolique qui perturbe tous les organes.
De plus, l’homme préhistorique trouvait dans son alimentation les deux familles d’acides gras polyinsaturés (oméga-6 et oméga-3) dans la proportion de 1 pour 1. Dans l’alimentation occidentale actuelle, le ratio est de 20 pour 1 en faveur des oméga-6.
Jusqu’au siècle précédent, la fabrication des huiles de consommation se faisait à petite échelle : les huiles étaient pressées à froid et on les achetait en petites quantités car elles ne se conservaient pas. Aujourd’hui l’industrie privilégie les huiles les plus stables telles que les huiles de maïs, de tournesol et d’arachide en les raffinant : or ces huiles sont pratiquement dépourvues d’oméga-3. Dans le même temps, les techniques intensives d’élevages ont augmenté la teneur en oméga-6 de nombreux aliments et les volailles sont nourries au maïs qui lui aussi est riche en oméga-6. C’est ainsi que le rapport entre oméga-6 et oméga-3 dans notre alimentation se situe entre 10 et 30, alors qu’il devrait se situer idéalement entre 1 et 4.
Les oméga-6 et les oméga-3 jouent un rôle crucial pour notre organisme. Ils entrent dans la composition des membranes de toutes nos cellules dans la même proportion. Or nos cellules pour bien fonctionner doivent avoir des membranes fluides pour permettre aux récepteurs, notamment les récepteurs à l’insuline de fonctionner de manière optimale.
L’excès d’oméga-6 rigidifie les membranes cellulaires qui deviennent alors moins sensibles à l’insuline. A l’inverse, un excès d’oméga-3 augmente la sensibilité des cellules à l’insuline et améliore le métabolisme des sucres.
Enfin, dans l’alimentation de l’homme paléolithique, la part des protéines représentait entre 19 et 35 % alors qu’aujourd’hui elle ne représente plus que 10 à 15 %, ce qui semble avoir une influence défavorable pour la lipolyse (capacité à éliminer les graisses stockées en les retransformant en énergie).
Nous pourrions tirer les leçons du passé, et sans revenir au régime de l’âge de pierre à base de tubercules et d’insectes, essayer de nous rapprocher d’aliments plus naturels que nos gênes ont toujours reconnus : moins de graisses saturées, moins de sucres raffinés, mois de produits laitiers, plus de protéines issues de viandes maigres et de poissons, et surtout plus de fruits et de légumes, avec un œil sur l’index insulinique des aliments qui est leur propension à solliciter l’insuline.
Travail rapporté par Nancy Cattan, Docteur ès Science à Nice d’après les travaux du Docteur Loren Cordain de l’Université du Colorado, dans la revue Nutrition de décembre 2004.


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