Le Juste Poids, mangeons heureux

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Sommaire

La vérité sur l'excès de poids
Body Mass Index (BMI)
Le Syndrome Métabolique
Les quatre graisses
Mesure et Imagerie du tissu adipeux
Les traitements
Les traitements
Se soigner
Programmes alimentaires
Recettes
Références scientifiques
La Société Internationale de Morphomédecine
Des livres pour en savoir plus
Espace reservé aux patients du Dr. Panizza


 

Objectif

TRAITEMENTS : DES ACTIONS SPECIFIQUES ET SYNERGIQUES

 

1-UNE ACTION MEDICALE POUR CORRIGER LES DEREGLEMENTS METABOLIQUES ET AGIR SUR LEURS CAUSES

 

1-AGIR SUR LES DEREGLEMENTS METABOLIQUES :  HYPERLIPOGENESE – HYPOLIPOLYSE

 

Tout entreprendre, à tous les niveaux, pour retrouver l’équilibre : le but de la médecine est de trouver et d’utiliser les meilleurs moyens pour corriger les anomalies biochimiques responsables d’une maladie. Dans le domaine de la graisse, la pharmacologie, quand elle est utilisée, ne doit pas être agressive ou génératrice d’effets secondaires mais favoriser la normalisation de la lipogénèse et de la lipolyse.

Un certain nombre de substances appartenant à des familles thérapeutiques variées permettent d’optimiser la pénétration des sucres dans l’organisme, de réguler les hormones impliquées dans le métabolisme du tissu adipeux et d’activer les systèmes enzymatiques défaillants : L’organothérapie pour ses actions de régulation ou de stimulation, la phytothérapie pour ses capacités de régulation hormonale, l’homéopathie pour freiner, réguler ou stimuler un organe ou une fonction, l’oligothérapie pour ses effets enzymatiques et l’allopathie pour ses propriétés métaboliques directes.

   

            1-La freination de l’hyperlipogénèse et le traitement de l’insulino-résistance passent principalement par l’utilisation d’une substance chimique connue de longue date mais encore assez peu utilisée dans cette indication : il s’agit de la Metformine.

Commercialisée en France depuis la fin des années 1950, La Metformine , qui appartient à la famille chimique des biguanides, est utilisée dans tous les pays du monde pour le traitement du diabète non insulino-dépendant.

Elle est considérée aujourd’hui comme la référence des traitements dits insulino-sensibilateurs et connaît un regain d’intérêt depuis son approbation par la Food and Drug Administration américaine en 1994 et la publication de la grande étude anglaise UKPDS en 1998.(1)

 

Un autre médicament, connu de longue date, mais plutôt considéré initialement comme un hypolipémiant, le benfluorex, peut améliorer le métabolisme du glucose en augmentant la sensibilité des tissus périphériques à l’insuline.

Le benfluorex peut être un traitement de l’insulino-résistance, en monothérapie ou en association avec la metformine dont il améliore l’efficacité (2).

 Une famille de médicaments anti-hypertenseurs, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) peuvent améliorer de la sensibilité des tissus périphériques à l’insuline chez des patients diabétiques de type 2 et chez des patients obèses androïdes non diabétiques . Les IEC agiraient au niveau des transporteurs musculaires du glucose.

 1-UK prospective diabetes study group. Effect of intensive blood-glucose control with metformin on complications in overweight patients with type 2 diabetes. Lancet 1998 ;352 : 854-65.

2-Raccah D., Pettenuzzo-Mollo DC., Provendier O., et al. Comparaison of the effects of captopril and ni cardipine on insulin sensitivity and thrombotic profile in patients with hypertension and android obesity. AM J Hypertens 1994 ; 7 : 731-8.

 Le Chrome est un minéral essentiel pour la régulation de l’insuline et le métabolisme des sucres, des protéines et des lipides.

 Le Vandium est un métal qui améliore la sensibilité à l’insuline en augmentant l’utilisation du glucose au niveau musculaire..

Trois plantes complètent la pharmacopée allopathique pour leur action sur le métabolisme du glucose et la régulation de l’insuline, le Garcinia Cambogia, le Gymnema sylvestris et le Fénugrec.

L’acide hydroxycitrique (HCA), composant actif du Garcinia Cambogia, pourrait ralentir l’absorption intestinale du glucose et diminuer de manière substantielle la décharge insulinique post-prandiale et semble réduire l’appétit.

L’action hypoglycémiante des feuilles de Gymnema Sylvestris est connue et documentée de longue date. Elle est attribuée à l’acide gymnémique qui favoriserait la régulation de l’insuline en régénérant les cellules béta des ilôts de languerhans du pancréas productrices de cette hormone

Les extraits de graine de fénugrec (trigonella foenum-graecum) sont utilisés de longue date pour leurs propriétés anti-diabétiques, surtout  en Asie.

De nombreux autres produits naturels et plantes médicinales ont fait la preuve expérimentale et clinique de leur activité et de leur efficacité pour traiter les troubles du métabolisme glucidique et le diabète et ont été depuis longtemps et sont encore utilisés par des médecines traditionnelles.

Je passe volontairement sous silence deux familles de médicaments récents : l’une, qui commence à être bien connue des Médecins, la famille des Thiazolidinediones et son dérivé le plus utilisé la Troglitazone , et l’autre, beaucoup plus récente qui entre à peine sur le marché européen, le Rimonabant.

La Troglitazone améliore la sensibilité à l’insuline chez les diabétiques non insulino-dépendants et chez les patients présentant une surcharge pondérale sans diabète.

Le Rimonabant, quant à lui, inaugure une nouvelle classe thérapeutique, celle des antagonistes des récepteurs endocannabinoïdes : Ce système régulerait le poids, la balance énergétique et la glycémie.

 

            2- Stimuler la lipolyse pour rendre possible l’élimination de la graisse accumulée et anormalement stockée dans les adipocytes est une action nécessaire et souvent indispensable pour mener à bien le processus de correction d’excès pondéral.

Comme cela a été expliqué, les mécanismes biologiques de la lipolyse sont très souvent, pour ne pas dire toujours, perturbés, même s’ils le sont à des degrés divers et pour des raisons différentes.

Les perturbations portent essentiellement sur l’équipement en récepteurs adrénergiques des membranes adipocytaires ou leur fonctionnalité, surtout les récepteurs béta-abrénergiques dont l’excitation par l’adrénaline permet l’élimination des triglycérides, et qui, sous l’effet d’un certain nombre de perturbations (hormonales, nerveuses, médicamenteuses…) disparaissent de certains territoires corporels ou deviennent inactifs.

Stimuler ces récepteurs béta-adrénergiques ou neutraliser les récepteurs alpha-adrénergiques, dont l’excitation par l’adrénaline favorise au contraire le stockage, permet l’élimination de la graisse excédentaire et ouvre la voie de l’amincissement.

La stimulation de la lipolyse est possible mais complexe : elle repose sur l’action de quelques substances, dont l’efficacité est inconstante, quelques fois spectaculaire, parfois décevante ou nulle, la manipulation pas toujours très aisée, et qui font encore, aujourd’hui, comme hier, l’objet de nombreuses polémiques. Des pistes thérapeutiques prometteuses se profilent à un horizon plus ou moins rapproché, grâce aux travaux pertinents de nombreuses équipes de recherche, et notamment celles de l’Unité de Recherche sur les Obésités dirigées par le Professeur Max Lafontan à Toulouse, qui permettraient d’agir directement et d’une manière élective sur les récepteurs adipocytaires sans action délétère sur d’autres récepteurs.

Pour l’heure, certaines solutions existent, nous les utilisons depuis de très nombreuses années, pour ma part depuis 1976 : je les maîtrise bien et j’en connaîs parfaitement les indications, les limites et les contrindications.

La Yohimbine est un antagoniste des récepteurs alpha2-adrénergiques. Son effet lipolytique est durable et n’est suivi d’aucun effet délétère.

Le Coleus forskohlii est une plante d’origine indienne, utilisée depuis longtemps en médecine aryuredique.

Ses effets les plus intéressants sont observés dans la stimulation de la lipolyse. De nombreuses études ont, en effet, montré que le coleus forskohlii favorisait la perte de poids en accélérant la désintégration et l ‘élimination de la graisse stockée dans les adipocytes.

Certaines études montrent également que la forskoline stimule la thyroïde, ce qui pourrait expliquer ses propriétés thermogénétiques et ses effets sur  la réduction de la masse grasse (1)(2).

 

Le Citrus Aurantium ou orange amère ou orange de Séville contient 4 à 6 % de Synéphrine, substance alkaloide connue pour ses propriétés béta-adrénergiques donc lipolytiques.

1- Palou A., et al. The uncoupling protein, thermogenin.  Int J Biochem Cell Biol. 1983 ; 30 (1) : 7-11.

2- Haye B., et al. Chronic and acute effects of forskolin on isolated cell metabolism. Molecul and Cellular Endocrin. 1985 ; 43 : 41-50.

 

Des observations récentes faites sur une algue brune comestible appelée wakame ou undaria pinnatifida et traditionnellement consommée en soupe et en salade en Asie semblent très prometteuses. Le wakame contient un pigment, la fucoxanthine, de la famille des caroténoïdes, et un métabolite de la fucoxanthine, le fucoxanthinol dont on a pu démontrer la capacité à bloquer la différenciation adipocytaire, c’est-à-dire la transformation de préadipocytes en adipocytes (hyperplasie) et ainsi contribuer à la diminution de la masse graisseuse.

La fucoxanthine stimule la production et l’expression d’une protéine appelée UCP1 (mitochondrial uncoupling protein 1) ce qui a pour effet de stimuler la lipolyse (1)(2).

Sortons du domaine des plantes, terrestres ou marines, pour parler d’une substance chimique, connue et utilisée de longue date, efficace et non dangereuse dès lors que, comme tout médicament, elle est utilisée dans les bonnes indications, les bons dosages, en respectant les contrindications et en s’attachant à surveiller sa bonne tolérance, et pourtant, objet de toutes les polémiques et d’avis très divergents, le Ta3 ou Tiratricol ou acide triiodothyroacétique.

Connu depuis les années 70, le triac est efficace pour la stimulation de la lipolyse.

L’utilisation du Triac ou de petites doses de T3 est recommandée par de nombreux auteurs dans le traitement de l’obésité pour faciliter ou simplement rendre possible l’élimination de la graisse stockée dans les adipocytes.

Le Triac est, d’ailleurs, très connu des Body builders qui l’utilisent pour réduire leur masse graisseuse,

2-AGIR SUR LES CAUSES : réparer les systèmes endocriniens inefficaces ( pancréas-thyroïde-syrrénales-ovaires et testicules) - neutraliser les perturbateurs endocriniens.

Il est sans doute important de rappeler que nous parlons ici des troubles de la régulation  hormonale de certains organes et non de leurs maladies.

Nous parlons de dérèglement, c’est-à-dire de réponse inadaptée d’un organe à ses stimuli et non de défaillance ou d’hyperactivité permanente de cet organe.

Le dérèglement est inconstant, variable, souvent difficile à visualiser dans les examens biologiques ou radiologiques standards : il a pourtant des signes cliniques propres.

La maladie de l’organe, comme le diabète insulino-dépendant pour le pancréas, l’hypo ou l’hyperthyroïdie pour la thyroïde, la maladie de Cushing pour les glandes surrénales… sont des perturbations permanentes, avec, bien sûr, leurs signes cliniques particuliers, mais aussi des signes biologiques caractéristiques et une identité dans les systèmes d’imagerie.

Les maladies endocriniennes représentent un danger immédiat pour la santé et doivent être prises en charge le plus précocément possible par les seuls médecins ayant compétence pour les reconnaître et les soigner, les Endocrinologues.

1- Maeda H., Hosokawa M., et all. Fucoxanthin from edible seaweed, Undaria pinnatifida, shows antiobesity efects through UCP1 expression in white adipose tissues. Biochem Biophys Res Commun. 2005 july 1 ; 332 (2) : 392-7.

2 - Maeda H., Hosokawa M., Sashima T., Takahashi N, Kawada T, Miyashita K. Fucoxanthin and its metabolite, fucoxanthinol, suppress adipocyte differentiation in 3T3-L1 cells. Int J Mol Med. 2006 jul ; 18 (1) : 147-52.

 

Les dérèglements ne mettent pas la santé en péril à court terme mais concourent à l ‘épuisement progressif de l’organe et génèrent ainsi à distance des situations pathologiques, parfois graves, comme le diabète non insulino-dépendant ou l’hypothyroïdie : ces dérèglements réclament une autre démarche diagnostique et une autre approche thérapeutique, tout aussi indispensable que le traitement d’une véritable maladie.

Mais le dérèglement appartient à la médecine de la santé.

La médecine occidentale  ne s’intéresse qu’à la maladie, avec, d’ailleurs, des résultats de plus en plus percutants,  mais elle ne s’intéresse pas  à ce qui la précède ou à ce qui lui fait suite.

 

  1. les systèmes endrocriniens défaillants

1-                 La fragilité pancréatique est caractérisée par une sécrétion inappropriée d’insuline au moment de l’ingestion d’un aliment et, à plus forte raison, d’un repas, et par une défaillance de ses systèmes enzymatiques (pancréas exocrine).

La fragilité pancréatique est d ‘abord génétique. Le Professeur Gérald Reaven, de l’Université de Stanford estimait dès 1987 que la réaction insulinique du pancréas à l’ingestion de glucides est normale pour 25 % de la population, ce qui permet à cette population de consommer des glucides à volonté sans grossir, tandis que, à l’opposé, pour 25 autres % de la population l’ingestion de glucides provoque une sécrétion élevée d’insuline. Pour 50 % de la population enfin le fonctionnement du pancréas est normal ainsi que la réaction aux glucides, mais une alimentation à dominance glucidique telle que très souvent retrouvée dans le monde occidental aura des répercussions sur la régulation de l’insuline, sur la résistance des cellules musculaires et hépatiques à l’action de l’insuline et fragilisera à terme le pancréas.

On ne peut pas encore grand chose  pour la fragilité génétique du pancréas mais on peut beaucoup sur ses conséquences, en restaurant une bonne activité enzymatique grâce à des compléments appropriés d’enzymes pancréatiques, en optimisant l’utilisation des sucres et la sensibilité à l’insuline, en réduisant le phénomène d’insulino-résistance avec des thérapeutiques telles que celles décrites plus haut, des précautions alimentaires ciblées  et une dose réaliste d’exercice physique aérobique pour accroître la consommation musculaire et d’exercice anaérobique pour fortifier la masse musculaire et accroître la libération d’hormone de croissance.

2- L’hypothyroïdie infra-clinique ou underactive thyroid

La glande thyroïde fabrique des hormones qui régulent le métabolisme basal c’est-à-dire l’utilisation de l’énergie par l’ensemble des cellules de notre corps. L’activité métabolique de la thyroïde est contrôlée par l’hypothalamus qui surveille et module les taux d’hormones thyroïdiennes en libérant une hormone appelée TRH (Thyrotropin Releasing Hormone) qui, elle même, stimule la libération d’une autre hormone, hypophysaire cette fois, la TSH ou Thyroid Stimulating Hormone appelée chez nous Thyréostimuline, laquelle donne l’ordre à la glande thyroïde de fabriquer plus ou moins d’hormones thyroïdiennes. Ainsi est assurée la régulation du métabolisme basal. De sorte qu’on pratique couramment un dosage de la TSH dans le sang pour connaître le niveau d’activité de la thyroïde. Et on pourrait penser qu’il suffit de mesurer les taux d’hormones circulantes ou les taux de TSH ou de TRH pour déterminer la nécessité d’une supplémentation en hormones thyroïdiennes, mais les choses sont plus compliquées car la fourchette des valeurs de référence est très large et même si le résultat des analyses indique que les taux d’hormones thyroïdiennes sont normaux, cela n’implique pas pour autant un fonctionnement de la thyroïde et une régulation du métabolisme adéquats.

En effet, pour qu’une activité hormonale soit normalement réalisée, il est nécessaire en premier lieu que la production de l’hormone soit normale, mais il faut aussi que sa liaison à son récepteur se fasse correctement, qu’une fois cette liaison établie, le couple hormone/récepteur puisse exercer son action à l’intérieur de la cellule cible, et, qu’enfin l’hormone puisse être éliminée.

Chacune des étapes de l’action hormonale peut être déficiente et la lecture de la perturbation échapper au seul dosage biologique de l’hormone.

L’hypoactivité thyroïdienne peut entraîner une diversité étonnante de symptômes tels que frilosité excessive, prise de poids et surtout difficulté à en perdre, peau et cheveux secs et perte de cheveux, difficulté de concentration, fatigue au réveil, anxiété ou dépression, accentuation des symptômes de ménopause, constipation…. Et si nous nous laissons abuser par l’idée erronée qu’un dosage des hormones thyroïdiennes normal exclut tout problème thyroïdien, nous trouverons toujours d’autres raisons d’expliquer ces symptômes et le problème thyroïdien éventuel sera négligé. Evidemment, chacun de ces symptômes peut être du à d’autres causes, mais lorsque tous se retrouvent chez une même personne il est fondé de mettre en doute le bon fonctionnement de la glande thyroïde.

Le problème devient donc, lorsqu’on est face à une personne qui a ou qui pourrait avoir un problème de régulation thyroïdienne de trouver un moyen sûr de tester ses fonctions thyroïdiennes.

Le Docteur Broda Barnes, constatant que la température basale du corps est toujours abaissée dès qu’il y a hypoactivité thyroïdienne a développé dans les années 1970 le concept du test de température axillaire: la température basale au réveil doit être de 36.6 ° C puis s’élève de 37 à 37.2 ° C pendant les 10 heures qui suivent le lever. Le moment optimum pour contrôler la température se situe entre 11 heures et 15 heures, et 20 minutes après le déjeuner lorsque l’activité thyroïdienne est la plus élevée. Lorsque la température basale est inférieure aux normes, il est hautement probable que l’activité thyroïdienne soit ralentie.

Un test simple et beaucoup plus fiable que les test sanguins, quasiment inconnu en France et pourtant de plus en plus couramment pratiqué aux Etats Unis, consiste à doser les hormones thyroïdiennes dans la salive où l’on mesure la fraction bio-active de ces hormones qui est le reflet de ce que nos tissus peuvent réellement utiliser : la fraction bioactive représente seulement 1 % de la quantité d’hormones thyroïdiennes circulantes. Cette fraction libre est influencée par de nombreux facteurs, notamment médicamenteux comme les oestrogènes ou la pilule contraceptive.

Les hormones thyroïdiennes stimulent le développement et le fonctionnement des mitochondries. Les mitochondries présentes à l’intérieur de chaque cellule de notre corps peuvent être comparées à des chaudières qui brûlent les aliments en produisant de l’énergie et de la chaleur et en cas d’hypoactivité thyroïdienne, les chaudières ne brûlent pas correctement le combustible, d’où accumulation de combustible au sein de la cellule, et lorsque la cellule est un adipocyte accumulation de triglycérides : ce ralentissement de l’activité cellulaire s’accompagne toujours de fatigue et de frilosité.

L’hypoactivité thyroïdienne est extrêmement fréquente : on accusait traditionnellement le manque ou la carence en iode, mais aujourd’hui le sel est enrichi en iode et les besoins nutritionnels sont sans doute assurés correctement. Les problèmes thyroïdiens sont liés à d’autres facteurs comme la dominance en oestrogènes, la surexposition au fluor, et la surexposition aux xénohormones.

La dominance en oestrogènes, dont nous reparlerons plus loin, caractéristique de la préménopause, exacerbe l’hypothyroïdie car les oestrogènes inhibent la production des hormones thyroïdiennes.

L’exposition au fluor a été multipliée par 30 ou 40 en moins de deux générations en raison de l’adjonction de fluorures à l’eau de consommation et de produits fluorés aux dentifrices. Or le fluor entre en compétition avec l’iode dans la structure moléculaire de la thyroxine car il est chimiquement plus actif ; l’iode n’est alors plus disponible pour la construction de la thyroxine et peut favoriser le développement d’anticorps anti-thyroïdiens. Le fluor a, d’ailleurs, été longtemps utilisé pour traiter l’hyperthyroïdie.

Les xénohormones sont les nombreux produits chimiques toxiques capables de perturber le système endocrinien, et en particulier, le fonctionnement de la thyroïde. La structure de la molécule de thyroxine est très proche de celles de polluants industriels très répandus appelés PCB ou polychlorobiphényles. Ces produits sont de nature oestrogénique et toxiques pour la thyroïde. Il se peut que notre système immunitaire reconnaisse les PCB comme une forme anormale de thyroxine et, en réponse, élabore des anticorps anti-thyroïdiens (1).

 

Faut-il traiter l’hypoactivité thyroïdienne ? La question est souvent posée et il n’y a pas de consensus sur cette question, pas plus qu’il n’y en a, d’ailleurs, sur la nécessité de traiter ou non les perturbations du métabolisme des sucres : prévalence de la pensée médicale occidentale : on attend la maladie pour soigner.

Il me semble, quant à moi, absolument indispensable d’agir face à toute défaillance endocrinienne car nos hormones ne travaillent pas isolément et leur fonctionnement dépend de tout un système d’interconnexions subtiles.

Mais agir ne peut pas être supplémenter avec des hormones synthétiques dites substitutives comme le sont la thyroxine (T4) (en France Lévothyrox) ou la Tri-iodothyronine (T3) (en France Cynomel) : ces thérapeutiques devraient être réservées aux défaillances graves.

La régulation de la thyroïde est beaucoup mieux maîtrisée avec des produits naturels comme l’Armour Natural Thyroid américaine qui est une combinaison d’extraits de thyroïde de bœuf , de mouton et/ou de porc permettant une supplémentation des deux hormones thyroïdiennes T3 et T4 au même dosage que celui de la thyroïde humaine. L’équivalent de ce produit américain existe en Europe sous le nom de thyroïdine lyophylisée mais a été retiré de la pharmacopée française en 2006. 

1- Fitzgerald EF., et al. Polychlorinated biphenyl (PCB) and dichlorodiphenyl dichloroethylene (DDE) exposure among native american men contaminated great lakes fish and wildlife. Toxicol Ind Health 1996 ; 12 (3-4) : 361-8.

 

3- L’emballement et l’épuisement surrénalien

Les glandes surrénales sont situées au dessus de chaque rein et produisent une multitude d’hormones, dont le cortisol, l’adrénaline et la noradrénaline, l’aldostérone, la Dhea , etc…

Le cortisol est nécessaire à tous les processus dynamiques de notre corps, comme la régulation de la pression artérielle, le fonctionnement des reins, l’adaptation du taux de sucre, la fabrication et l’utilisation des réserves de graisse, la synthèse des protéines et la fabrication du tissu musculaire, la lutte contre les processus inflammatoires, le développement et la stimulation du système immunitaire, mais aussi le fonctionnement de la thyroïde.

Un taux physiologique de cortisol est indispensable à un fonctionnement normal de la thyroïde, et il n’est pas rare d’observer des personnes avec des niveaux inappropriés de cortisol et des symptômes de dysfonctionnement thyroïdien alors que leurs dosages hormonaux thyroïdiens sont normaux.

Lorsque le taux de cortisol est trop élevé en raison d’une forte réponse des glandes surrénales à des facteurs de stress, cela crée les conditions d’une résistance aux hormones thyroïdiennes : les niveaux d’hormones thyroïdiennes sont normaux mais les tissus ne répondent plus de la même façon au signal thyroïdien. Cette résistance à l’action thyroïdienne provoquée par un niveau trop élevé de cortisol ne s’applique pas qu’aux hormones thyroïdiennes mais aussi aux autres hormones comme l’insuline, la progestérone, les oestrogènes, la testostérone, et le cortisol lui-même, ce qui demande davantage d’hormones pour obtenir le même effet.

C’est la raison pour laquelle le principal symptôme accompagnant un niveau de cortisol élevé est la fatigue, car aucune hormone n’est plus en mesure d’agir à son juste niveau.

Et il ne sert à rien, comme toujours de traiter les effets en corrigeant telle ou telle hormone sans traiter la cause, c’est-à-dire le trop haut niveau de cortisol.

Le stress chronique peut aussi aboutir au phénomène inverse, c’est-à-dire l’épuisement des glandes surrénales qui aura pour effet une déficience de tous les systèmes hormonaux dépendants, et en particulier une déficience thyroïdienne.

Les symptômes de l’épuisement surrénalien sont essentiellement la fatigue et la baisse de la tension artérielle, tandis que ceux de l’excès de cortisol sont surtout, à coté de la fatigue, la prise de poids et la rétention d’eau dans la partie haute du corps, l’énervement et la perte de mémoire.

En tout état de cause, il est très utile, lorsqu’on est exposé de manière chronique à beaucoup de stress de faire un check-up des glandes surrénales par des dosages hormonaux salivaires.

Le traitement du dérèglement des glandes surrénales, que ce soit au stade de l’hyperactivité ou de l’épuisement passe obligatoirement par le repos et le respect d’un temps suffisant pour se « dé-stresser »

Pour les femmes, en période de préménopause, l’utilisation de progestérone naturelle par voie transcutanée peut être un moyen efficace de neutraliser les effets de l’excès de cortisol.

En cas d’épuisement surrénalien et de tension artérielle basse, il est prudent d’utiliser du sel marin iodé, des plantes comme l’Eleuthérocoque et des coktails de vitamines B, de la Vitamine C , de la Vitamine E et du magnésium.

Certains laboratoires spécialisés en compléments micronutritionnels commercialisent des coktails de produits naturels destinés à soutenir les glandes surrénales pour la biosynthèse des catécholamines et des hormones stéroïdiennes.

Si la défaillance cortisolique est très prononcée ou la fatigue très importante, il peut être utile de la corriger avec de très petites doses de cortisone naturelle ou hydrocortisone en plusieurs prises quotidiennes.

 

4- l’insuffisance ovarienne et la dominance en oestrogènes.

Le terme de dominance en oestrogènes a été utilisé pour la première fois en 1995 par le Docteur John R. LEE et introduit la notion de déséquilibre entre deux hormones ou deux systèmes hormonaux où une hormone continue d’être produite et régulée d’une manière physiologique tandis que celle qui en contrebalance les effets normalement devient défaillante, ce qui amène à une dominance de l’hormone maintenue : tout se passe comme si cette hormone était produite en excès, alors que son taux reste normal.

C’est ce qu’on observe très fréquemment chez les femmes entre 30 et 40 ans (et chez certaines encore plus tôt) donc longtemps avant la ménopause, qui n’ovulent pas à chaque cycle menstruel et qui, de ce fait, ne fabriquent pas de corps jaune et ainsi ne produisent pas de progestérone : les oestrogénes continuent d’être produits pendant tout le mois mais ne sont plus contrebalancés par la progestérone. Il en résulte un syndrome prémenstruel et une série d’effets secondaires.

Les oestrogènes stimulent la fabrication de graisse corporelle en perturbant la régulation de l’insuline, favorisent la rétention d’eau et de sel en perturbant le fonctionnement des glandes surrénales, interfèrent avec les hormones thyroïdiennes dont ils contribuent à infléchir la production tandis que la progestérone facilite la lipolyse contribuant ainsi à une meilleure utilisation de la graisse stockée pour la production d’énergie et améliore la diurèse en régulant les hormones surrénaliennes, notamment l’aldostérone.

Les symptôme d’une dominance en oestrogènes sont facilement reconnaissables : ils associent rétention d’eau, oedèmes, gonflement des seins, sautes d’humeur prémenstruelles, perte de libido, règles abondantes et souvent irrégulières, besoins de sucres, prise de poids localisée sur les hanches et le bas du ventre, et c’est sur la base de ces signes cliniques et d’un dosage salivaire des hormones stéroïdes que l’on peut décider une supplémentation en progestérone naturelle qui permettra un rééquilibrage des ces deux hormones et un effacement de cette situation de dominance en oestrogènes, démarche indispensable pour l’amélioration du fonctionnement des autres circuits métaboliques.

 

5- Andropause

Les pathologies de la prostate sont pour l’homme ce que sont les pathologies du sein pour la femme avec en toile de fond un déséquilibre du système hormonal.

Le métabolisme de la prostate repose sur trois hormones en particulier, l’oestradiol, la progestérone et la testostérone : ces hormones étant à leur tour régulées par deux hormones hypophysaires, la FSH ( follicule stimulating hormone) et la LH (luteinizing hormone). La prostate est issue des mêmes cellules embryonnaires que l’utérus : ces deux organes fonctionnent donc avec les mêmes hormones, oestradiol, progestérone et testostérone.

La prostate est très sensible aux dérèglements des hormones sexuelles.

Comme on l’a vu pour la femme, l’important dans l’équilibre hormonal est le rapport entre progestérone et oestradiol.

Chez l’homme les concentrations d’oestrogènes augmentent graduellement avec l’âge, tandis que les taux de progestérone et de testostérone baissent : c’est ainsi que, très souvent, au fil des années, apparaît une dominance en oestrogènes, et cette dominance en oestrogènes est , en général, d’autant plus élévée que l’excès de poids est important. Les adipocytes convertissent la testosérone en oestrogènes  qui stimulent, à leur tour, la croissance de la prostate.

 

La résistance à l’insuline entraîne une dominance en oestrogènes et un risque accru de cancer du sein et de la prostate

Ici, comme ailleurs, il est donc plus que nécessaire de rétablir un équilibre hormonal dès que le déséquilibre se manifeste.

La notion de déséquilibre ne repose pas sur la concentration d’une hormone en particulier mais sur le rapport entre plusieurs hormones.

La correction doit se faire avec des hormones naturelles uniquement, et seulement lorsque cela est nécessaire.

Enfin, pour rétablir l’équilibre hormonal, en plus de la supplémentation en hormones, il est utile de prendre du zinc (20 à 30 mg/j), des vitamines antioxydantes A, C et E, du sélénium (60 à 120 mcg/j) et de la vitamine D (400 mg/j) (1).

 

2. les pertubateurs endocriniens

1-     les perturbateurs iatrogènes : les polluants - les médicaments

2-     les perturbateurs endogènes : le stress

1-Les perturbateurs endocriniens iatrogènes sont des substances qui interfèrent avec les fonctions des systèmes hormonaux, et perturbent les processus de synthèse, de sécrétion, de transport, d’action et d’élimination des hormones.

Les premiers perturbateurs endocriniens sont des substances appelées xénohormones : elles proviennent essentiellement des polluants et des produits chimiques.

La majorité des xénohormones ont des effets oestrogéniques (2).

Les xénoestrogènes peuvent bloquer ou s’opposer à l’action des oestrogènes endogènes (ceux qui sont produits par l’organisme) et se concentrent avec prédilection dans les tissus mammaires où ils provoquent des cancers du sein.

Or ces produits dérivés de la pétrochimie ne sont pas dégradables et continuent de s’accumuler dans l’environnement tant qu’on continue de les produire. Comme ils sont liposolubles, ils traversent facilement la peau et leurs effets sont cumulatifs.

Des contaminants alimentaires comme le bisphénol-A (des éthers de cette molécule servent à enduire les boîtes de conserve pour les protéger de la corrosion au contact des aliments) ont des effets oestrogéniques et sont responsables d’une diminution significative de la production de sperme et d’une hypertrophie de la

Une grande étude publiée en 1994 et en 2000 montre le déclin régulier de la qualité du sperme chez l’homme depuis 50 ans, en particulier en Amérique du Nord et en Europe. On a observé également depuis plusieurs décennies, dans plusieurs pays d’Europe, une augmentation de l’incidence du cancer du testicule chez des adultes jeunes, entre 20 et 30 ans. L’exposition à des perturbateurs endocriniens pourrait être, au moins en partie, à l’origine du phénomène observé.

1-Lee J.R, Hopkins V, Zava D, Zava M.A, What your doctor may not tell you about breast cancer. Warner books. 2002.

2-Cravedi JP. Alimentation et environnement : le cas des perturbateurs endocriniens. 2004 dec ; Séance du Conseil National de l’Alimentation.

 

Outre l’augmentation de l’incidence de certains cancers hormonaux-dépendants, on observe chez les femmes des anomalies de la fonction ovarienne (troubles de l’ovulation, baisse de production de progestérone, dominance en oestrogènes), de la fertilité, de la fécondation, de la gestation et de l’implantation utérine, ainsi qu’un changement significatif de l’âge d’apparition des caractères sexuels secondaires (seins, pilosité) et des premières règles (1). Or on sait que la puberté précoce fait partie des facteurs de risques du cancer du sein.

Chez l’homme, il y a forte suspicion de corrélation entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et l’apparition de malformations du système reproducteur

On peut aussi citer des troubles de la maturation sexuelle, des perturbations du fonctionnement thyroïdien, des altérations du système immunitaire et des troubles du comportement.

On sait  que ces produits chimiques sont rémanents : il ne suffit pas d’en interdire l’utilisation pour les voir disparaître. N’importe quel animal, aujourd’hui, sur la planète, a dans son tissu adipeux des traces de DDT, de PCBs et de Dioxine, et l’on retrouve également ces produits dans le lait maternel à des doses pas très éloignées des doses toxiques.

Ces produits sont, de part leur structure chimique et leur aptitude à s’accumuler dans notre corps, et en particulier dans le tissu adipeux, des perturbateurs endocriniens et contribuent largement à dérégler nos équilibres hormonaux, en particulier thyroïdiens, surrénaliens et sexuels.

Le fluor porte également une lourde responsabilité dans ce processus de dérèglement hormonal : n’oublions pas qu’il a d’abord été utilisé par les médecins pour freiner l’activité thyroïdienne dans les hyperthyroïdies, avant d’être remplacé par des médicaments plus puissants..

L’adjonction de fluor à l’eau de boisson, même si elle est aujourd’hui bannie par de nombreux pays, notamment en Europe, et la large utilisation du fluor dans les pâtes dentifrices ont une part de responsabilité importante dans l’épidémie de dérèglements hormonaux, d’obésité, de dépressions, d’infertilité et de cancers (2)(3)(4).

Comment ne pas exiger une réduction de l’utilisation des xénohormones pétrochimiques qui mettent en péril notre santé, alors que nous savons aujourd’hui que leur omniprésence dans notre alimentation et notre environnement sont responsables de la disparition d’espèces animales et dangereuses pour la survie de l’espèce humaine ?

Il faut bannir les pesticides de notre proximité : ils sont présents partout, dans l’air, dans l’eau, dans le sol, dans les aliments, pulvérisés massivement sur les cultures, dans les maisons, les jardins et les lieux publiques : non seulement ces produits stagnent dans l’atmosphère, mais leurs métabolites se déposent partout créant autant de ravages dans notre organisme que les pesticides eux-mêmes : il devient donc vital, pour préserver son équilibre hormonal, de prendre toutes les précautions possibles pour minimiser l’exposition aux pesticides

1-Herman-Giddens ME., et al. Secondary sexual characteristics and menses in young girls seen in office practice : a study from the pediatric research in office setting network. Pediatrics 1997 (99) : 505-12.

2-Nagayama et al. Postnatal exposure to chlorinated dioxins and related chemicals on lymphocyte subsets in japanese breastfed infants. Chemosphere 1998 (37) : 1781-1787.

3-Wolf MS., Toniolo PG., et al. Blood levels of organochlorine residues and risk of breast cancer. J Natl Cancer Inst. 1993 (85) : 468-652.

4-Robin ED. Matters of life and death : risks vs. benefits of medical care. The Portable Standford , CA. 1984.

 

Il en est de même pour l’exposition aux solvants qui constituent une source importante de xénohormones : ce sont des produits très volatiles qui traversent facilement la peau et s’accumulent dans nos tissus riches en lipides comme le cerveau, la gaine des nerfs et le tissu adipeux. Ces produits qui proviennent de sources multiples et variées peuvent avoir des effets additifs qui se potentialisent ce qui, au final, en fait de puissants toxiques. Et si l’on sait que l’exposition aux solvants est particulièrement  importante dans certaines industries comme l’automobile et la peinture, on ne pense pas toujours aux exposition domestiques beaucoup plus banales comme celles provoquées par l’utilisation de vernis à ongle, de dissolvant et de laque pour les cheveux.

Attention donc aux pesticides que l’on vaporise dans la maison, aux produits cosmétiques ou désodorisants, aux adoucissants, aux récipients en plastique dans lesquels on réchauffe les  aliments au micro-ondes, aux vapeurs nocives qui peuvent émaner des colles de moquettes neuves ou des peintures, surtout si vous êtes enceinte ou mère d’un nouveau-né, aux panneaux de particules et à tous les meubles qui sont fabriqués à partir de ces panneaux, aux cartouches d’encres des imprimantes qui émettent des vapeurs nocives et des ondes électromagnétiques de haute fréquence émises par les matériels informatiques anciens.

Attention à l’eau du robinet : utilisez un filtre qui servira à l’eau de boisson et à l’eau de cuisson des aliments.

Ces précautions ne nous affranchissent pas des risques liés à la surexpostion aux xénohormones mais peuvent en atténuer la portée.

De nombreux médicaments se révèlent aussi être de puissants perturbateurs endocriniens. On parle de pathologie iatrogène lorsqu’un problème de santé résulte d’un traitement médical.

Or presque tous les médicaments présentent des effets secondaires indésirables, qui ne sont pas toujours pris en considération pour leur réelle importance ni par le médecin, ni par le patient (1) : le traitement d’un désordre peut en exacerber un autre. Ce problème, loin d’être rare, constitue généralement la règle.

La prolifération incessante de nouveaux médicaments rend la connaissance des effets secondaires extrêmement difficile : lorsque le médicament a reçu son AMM (autorisation de mise sur le marché) les études d’expérimentations sur l’animal et les essais cliniques obligatoirement limités ne peuvent fournir des bases de données suffisamment importantes pour rendre compte des réactions les plus rares. Et, de plus, il est toujours de l’intérêt du laboratoire pharmaceutique de surévaluer les effets bénéfiques du médicament et d’en minimiser les effets indésirables, et cette notion est largement exploitée dans la communication faite autour de n’importe quel médicament.

Du coup le médecin a tendance, lui-aussi, à sous-estimer ou à négliger certaines catégories d’effets secondaires notamment lorsqu’il s’agit de prise de poids ou de manifestations de perturbations hormonales. Et pourtant, ces effets secondaires sont fréquents.

 

1- Shames R, Shames K. Feeling fat, fuzzy, or frazzled. Plume, 2005. USA

 

Les médicaments perturbateurs endocriniens générateurs d’augmentation du poids sont les hormones thyroïdiennes, la cortisone, les traitements hormonaux substitutifs de ménopause, la pilule contraceptive, et les traitements hormonaux de contraception (stérilet à la progestérone, implants contraceptifs, …), certains traitements hormonaux dérivés comme la Cyprotérone (Androcur *), les traitements hormonaux de stérilité, les anti-hormones utilisées dans les protocoles de traitements des cancers du sein comme le tamoxifène et l’arimidex, les neuroleptiques, les anti-convulsivants, certains antidépresseurs sérotoninergiques comme le Déroxat et le Stablon, certains somnifères comme le Noctran, certains médicaments antidiabétiques comme les sulfamides hypoglycémiants et les thiazolidinediones, des médicaments cardio-vasculaires comme les béta-bloquants, des anti-hypertenseurs (inhibiteurs calciques, clonidine), des antihistaminiques (traitement des allergies) et des antimigraineux, les anti-inflammatoires…..

La liste est longue !

Bien sûr, ces médicaments n’engendrent pas systématiquement des perturbations dans la régulation des systèmes hormonaux, et bien que ces inconvénients soient très fréquents il est probable que certaines personnes sont naturellement mieux protégées que d’autres et moins sensibles à la surexposition aux perturbateurs endocriniens.

Alors que faire ? On ne peut imager la suppression totale des médicaments, surtout lorsqu’il s’agit de molécules essentielles comme celles citées plus haut mais les médecins ne devraient pas oublier que la théorie du médicament miracle ne marche pas : il faut penser en termes de fonctions métaboliques, de compétence immunitaire, de réaction aux toxines et aux virus et non se contenter d’exploiter les réactions superficielles. Augmenter les défenses naturelles, s’alimenter correctement et prendre soin de son corps. Une bonne santé est un bien précieux qu’il faut entretenir pour le préserver : les dérèglements sont plus faciles à corriger que les maladies à soigner et de nombreuses thérapeutiques non agressives rendent possibles ces corrections, permettant d’éviter le recours aux médicaments chimiques et les pathologies iatrogéniques qu’ils engendrent.

 

2-Le stress de la vie moderne entraîne une excitation des glandes surrénales qui répondent en produisant un niveau trop élevé d’hormones, notamment d’adrénaline, de cortisol et d’aldostérone, ce qui a pour effet d’élever la tension artérielle, d’accélérer le rythme cardiaque et de maintenir l’individu dans un sentiment permanent de danger imminent.

La vie quotidienne est, aujourd’hui, singulièrement compliquée.

Autrefois, le stress était associé au réflexe de survie, c’est-à-dire une action musculaire : faire face à un individu menaçant ou fuir un animal dangereux.

La réponse biologique de notre organisme au stress n’a pas vraiment changé, mais la situation de stress est rarement suivie d’une action musculaire (fuir ou se battre) et de plus les «  stressors » ne sont plus les mêmes. Nous sommes souvent confrontés à des situations de tension et d’anxiété prolongées car chaque projet demande des mois d’efforts. Nous sommes parfois obligés de réagir très rapidement, par exemple en conduisant lorsque le trafic est dense : cela a pour effet d’élever notre taux d’adrénaline puis de cortisol au delà de son niveau normal pendant des périodes prolongées et de favoriser une déplétion des glandes surrénales.

Quand nous sommes confrontés constamment à des situations stressantes, nos glandes tentent de gérer cela comme une situation de survie, et cela entraîne  un besoin continu de production d’un flux élevé d’hormones, notamment surrénaliennes et d’insuline.(1)

1- Lee J.R., Optimal health guidelines. BLL Publishing 1999.

L’hormone des situations urgentes est l’adrénaline dont le rôle est la réponse immédiate à la menace. Elle est rapidement relayée par le cortisol qui est l’hormone de la phase de réaction destinée à nous permettre de gérer le stress sur une plus longue durée et l’aldostérone dont le rôle est d’assurer l’équilibre de l’eau et des sels minéraux et la stabilité de la tension artérielle.

L’excès de cortisol dans l’organisme a rapidement des effets pernicieux, notamment celui de rendre les récepteurs hormonaux résistants à leurs hormones et de créer les conditions d’une résistance à l’insuline, aux hormones thyroïdiennes, aux oestrogènes, à la testostérone, ou celui d’accélérer le processus de résorption osseuse et de favoriser l’ostéoporose. C’est souvent la phase de prise de poids avec intolérance aux sucres et rétention d’eau, de nervosité, de tension musculaire avec courbatures, de migraines, d’insomnies, de peau sèche.

Puis vient la phase d’épuisement, car les glandes surrénales ne sont plus en mesure de produire la quantité d’hormones demandées. C’est l’épuisement surrénalien qui s’accompagne d’un épuisement glandulaire généralisé, avec grande fatigue, cernes sombres sous les yeux, baisse de la tension artérielle, frilosité, perturbations des cycles menstruels, allergies, dépression et poursuite de la prise de poids avec impossibilité à en perdre.

Les réactions au stress sont un mécanisme d’adaptation qui permet à l’organisme de conserver ou de restaurer son homéostasie, de se soigner et de se renforcer. Le stress devient néfaste lorsque ces mécanismes atteignent un stade d’épuisement ou lorsqu’ils sont mal utilisés du fait d’un mauvais conditionnement.

C’est à ces deux niveaux qu’il faut agir.

Au stade d’épuisement, il est indispensable de corriger les déficiences hormonales thyroïdiennes, surrénaliennes, gonadiques et pancréatiques, comme cela a été expliqué plus haut et de privilégier le repos qui reste le médicament incontournable du retour à l’équilibre hormonal.

Il faut aussi agir sur les cause du stress : certains conflits non résolus peuvent être tolérés longtemps et se traduisent par une anxiété chronique, mais lorsqu’il s’agit de conflits importants et profonds, l’absence de solution entraîne une dépression et la guérison devient plus difficile.

Personne n’est immunisé contre le stress, aucune forme de vie n’en est dispensée et il n’y a pas de solution miracle, mais il est possible d’être aidé en apprenant des techniques destinées à mieux affronter l’existence, comme le yoga, la méditation, la PNL (programmation neurolinguistique) par une thérapie comportementale, voire une psychanalyse.

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